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Courrier der Leser

 

le bonheur est dans... la ville!

Dans son dernier livre, Pascale Hughes prend la défense des Allemands. Une bonne claque à tous les préjugés des Français à l’égard de leurs voisins. Des préjugés toujours aussi persistants en cette fin de siècle. Alfred Kerr, lui, raconte dans «Wo liegt Berlin» une autre fin de siècle, celle la jeune Haupstadt du Kaiserreich. Où l’on voit que Berlin n’a pas cessé, depuis sa création, d’être une capitale en devenir.

LE BONHEUR ALLEMAND, par Pascale Hugues - éditions du Seuil. «L'Allemagne serait-elle le pays du bonheur?» Diese doch in den deutsch-französischen Beziehungen vor allem von französischer Seite eher häufiger spontan negierte Frage ist die Arbeitshypothese der Journalistin Hugues (Le Point, Le Nouvel Observateur u.a.), die selbst seit einiger Zeit in Berlin lebt und arbeitet. «Heureux? J'ai l'impression, à les regarder vivre, qu'ils le sont à leur façon», stellt sie fest, und wünscht sich, daß sie (die Deutschen) sich in Zukunft ein wenig mehr trauen als Deutsche glücklich zu sein.

In einem elf Kapitel umfassenden Buch berichtet sie von ihren Erlebnissen mit den Deutschen aus Ost und West, Deutschstämmigen und den in Deutschland lebenden Einwanderern: Der süddeutsche mittelständische wird ebenso erbarmungslos Hugues' französisch geprägter journalistischer Durchleuchtungstechnik unterzogen wie Anti-Atom-Aktivitäten im Wendland oder die Deutschstämmigen in Kasachstan.

Dabei entgeht ihrem zwinkernden, wohlwollenden Auge fast nichts. Mit viel Feingefühl und Witz schreibt sie in einem zwischen Journalismus und eher litterarisch anmutenden Stil eine Betrachtung des Deutschlands der Endneunziger. Gipfel des Lesevergnügens ist das "Berliner Frauenfrühstück": köstlich !

 

WO LIEGT BERLIN? Briefe aus der Reichshauptstadt, von Alfred Kerr Aufbau-Verlag. «Der Berliner Westen – diese elegante Kleinstadt, in welcher alle Leute wohnen, die etwas können, etwas sind und etwas haben und sich dreimal soviel einbilden, als sie können, sind und haben – hat in dieser Woche zwei Jubelgreise gefeiert, Ludwig Pietsch und Theodor Fontane.»

Ainsi commence la première lettre datée du 1er janvier 1895 qu'Alfred Kerr envoie en tant que chroniqueur pigiste depuis la capitale du jeune empire allemand au "Breslauer Zeitung", le quotidien de sa ville natale. De 1895 jusqu'en 1900, Alfred Kerr, chroniqueur, critique et essayiste de renom sous l'Allemagne impériale raconte la vie sociale fin de siècle à Berlin, ville récemment devenue capitale des pays allemands unifiés.

Il nous brosse le tableau d'une métropole et d'une société en pleine ascension: représentations de théâtre, bals, manifestations pour les «masses populaires», mais aussi la météo, les nouveaux riches et les petites gens de Berlin, tout y passe. Ce flâneur littéraire résolument critique par rapport à cette société exubérante et peu discrète ne se cache pas du plaisir de la regarder faire en fréquentant personnellement les hauts lieux de la vie sociale berlinoise. En se donnant au plaisir de savourer la langue très imagée et vivante de Kerr, on pourrait presque oublier qu'il s'agit de la ville de Berlin il y a 100 ans.

Mis à part les noms et les dates, l'atmosphère du vieux Berlin semble être quasiment la même que celle du Nouveau Berlin («das Neue Berlin»). Le mélange subtil entre profondeur et légèreté, que l'on retrouvera plus tard chez Tucholsky ou Kästner, procure un plaisir monstre. On le cherche parfois désespérément chez certains écrivains allemands contemporains...

Pascal Jentsch

 

 

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