|


|
|
Nr.
5 / numéro 5 (April-Mai 2002 / avril-mai 2002)
TRIBUNES
:
1)
DES CHASSEURS CHASSES
(par Céline CARRE)
Une décision à première
vue anodine a été prise le 26 juillet dernier par la Cour
de justice de Karlsruhe. Les chasseurs de têtes ont le droit de
contacter les candidats sur leur lieu de travail, le démarchage
par téléphone étant considéré comme
inhérent à une situation de concurrence dans une économie
de marché. Une évidence, pensez-vous spontanément,
vous qui avez été flattés à plusieurs reprises
par des chasseurs espérant trouver en vous leur perle rare ?
Et
bien non. Loin de faire l'unanimité en Allemagne, cette décision
prend le contre-pied d'une décision du tribunal de Stuttgart, qui
en décembre 1999 avait interdit l'approche directe sur le lieu
de travail, pour motif que les trois minutes passées au téléphone
par le salarié avec le chasseur, de surcroît avec des moyens
mis à sa disposition par l'employeur, risquaient de nuire à
son travail. L'affaire avait été montée de toutes
pièces par la société de logiciels Bechtle, qui,
excédée de voir ses meilleurs éléments disparaître
chez ses concurrents, avait saisit l'occasion pour prendre le problème
à sa racine, et porté le différend au tribunal.
Bechtle ayant obtenu gain de cause, s'ouvre alors une véritable
guerre des tranchées. Dans l'arène s'affrontent les chasseurs
- le plus souvent masqués pour mieux débusquer leur proie
- aux entreprises, prêtes à tout pour sanctuariser leurs
locaux et protéger au mieux leur progéniture. Chez les professionnels,
à l'émoi suscité succède alors une intensive
campagne en faveur des chasseurs, menée par le puissant Bundesverband
Deutscher Unternehmerberater (BDU), lui-même secondé par
la non moins active Association des Consultants en recrutement de haut
niveau (AESC), qui porte l'affaire devant la Cour Européenne. L'émotion
est à son comble lorsque le pourvoi en révision est refusé
par le Bundesgerichtshof (BGH).
Dans ce contexte, la décision de Kalrsruhe redonne de l'espoir
aux chasseurs sans procurer de solution définitive. Pour cela,
il faudrait qu'une des deux parties saisisse le BGH en révision.
Mais il semble que l'interdiction des appels sur le lieux de travail,
telle que la souhaitait Bechtle, n'est plus à l'ordre du jour.
Elle mettrait une profession entière en péril, et risquerait
de surcroît de rigidifier un marché du travail auquel la
fluidité fait déjà défaut. Le débat
a pour mérite de mettre à jour certaines pratiques inacceptables,
telles les tentatives de débaucher allègrement des équipes
entières. On attend des professionnels du recrutement le respect
de certaines règles éthiques élémentaires,
telles que la confidentialité absolue sur les informations fournies
ou l'interdiction de chasser chez un client pendant un délai raisonnable
après expiration d'un contrat. Les excès, voire le harcèlement
des cibles, sont condamnables ; il y va du reste de la crédibilité
des cabinets, indissociable de leur survie.
Derrière ces questions d'éthique, qui cristallisent bien
des attaques, se profilent des interrogations sur la mobilité du
marché du travail. Tout d'abord, l'époque de l'entreprise
à vie, à laquelle un salarié restait attaché
tout au long de sa carrière est bel et bien révolue, et
les expériences variées sont de plus en plus appréciées,
si elles s'inscrivent dans un projet cohérent. La polyvalence des
cadres est explicitement recherchée, et on sait de plus que ces
derniers sont de plus en plus exigeants sur les conditions matérielles
qui entourent leur activité salariée. N'est-ce donc pas
à l'entreprise de créer un environnement tel que les employés
choisissent d'y rester ?.
Le rédacteur en chef du magazine allemand du recrutement Sesselwechsel,
illustre bien cette attente réciproque : « C'est comme dans
un mariage : si vous savez rendre votre partenaire heureux, celui-ci ne
vous quittera pas ». Les séminaires d'intégration
et les efforts de sensibilisation aux « valeurs » de l'entreprise
relèvent de cette tentative d'inculquer un sentiment d'appartenance,
mais la décision des salariés dépend avant tout d'une
politique de gestion des compétences motivante accompagnée
de réelles perspectives d'évolution.
Par ailleurs, savoir que ses salariés sont régulièrement
sollicités devrait être considéré par les entreprises
comme un élément positif, pour le moins comme un moyen simple
et efficace de savoir qu'ils sont reconnus sur le marché. Cela
permet aux salariés de se positionner sans avoir à entreprendre
de démarches actives, souvent motivées par un réel
désir de changement. Il s'agit donc avant tout d'un échange
d'informations, dont il serait malsain d'isoler les salariés. La
chasse de tête garde sa pleine utilité sur des marchés
imparfaits. En outre, en Allemagne n'existent ni grandes écoles
ni par conséquent annuaires d'anciens élèves ; les
chasseurs privilégient donc souvent le lieu de travail pour nouer
contact avec le candidat.
Enfin, ces mêmes pourfendeurs de la chasse n'ont-ils pas eu eux-même
besoin des services de chasseurs? Rares sont les entreprises qui n'y font
pas appel pour un profil rare
Le ralentissement des derniers mois, accompagné par une baisse
de la mobilité des cadres, a fait perdre au débat de son
acuité, mais la chasse aux perles rares se poursuit en récession
: on ne change pas une équipe qui gagne, mais à l'inverse,
un climat dégradé et des restructurations génèrent
souvent un regain dans la valse des dirigeants.
Affaire à suivre donc
Un seul conseil en attendant : si vous
recevez un appel suspect, n'hésitez pas à démasquer
son identité, mais évitez de le chasser...
Céline Carré
2)
BYTE FÜR BYTE ZUM WAHLSIE: DAS INTERNETERWACHEN DER POLITIK
(von Carolin DIETERICH)
Der
Wahlkampf beginnt, auch im Wold Wide Web: Ohne Onlineauftritt geht keine
Partei mehr ins Rennen. Wie weit sind die Deutschen beim Online-Campaigning?
Eine - ganz unpolitologische - Bestandsaufnahme digitaler Politik.
Die
Erwartungen der Wahlkampfstrategen waren von Anfang an hoch: Schluß
mit Wahlkampfständen unter bunten Schirmen, teure Hochglanzbroschüren,
die niemand liest und mit Plakatwände, die als erstes besprayt oder
bekritzelt werden! Schluß auch mit der Lethargie des Wählervolks!
Mehr Kommunikation, mehr Partizipation und mehr Bürgernähe so
die Internetdevise der Parteien. Und je mehr Internet, desto mehr Wähler,
so die Hoffnung der Kandidaten. Was ist umgesetzt worden? Hat das Internet
unseren Wahlkampf revolutioniert oder ist außer ein paar bytes nebenbei
alles beim alten geblieben?
Image: Der Online-Auftritt
als Markenzeichen
Als 1998 das Internet zum ersten Mal in einer umfassender Form im Wahlkampf
verwendet wird, ist die bloße Präsenz einer politischen Partei
im World Wide Web schon längst zur Imagefrage geworden. Die Homepage
ist ebenso Aushängeschild wie das Logo, der Slogan oder der Kandidat
selbst. Ein kurzer Videoclip vom neuesten Auftritt des Kandidaten, ein
Gewinnspiel, der musikalisch unterlegte Mitschnitt eines Interviews: Originalität
hat Priorität.
Dabei zielen die Bemühungen der Parteien zunächst darauf, den
Erwartungen der Surfergemeinde zu entsprechen. Diese ist zwar zahlenmäßig
noch begrenzt, als politische Zielgruppe aber umso interessanter: jung,
gut situiert, gebildet, politisch interessiert und wechselwillig ist empirischen
Studien zufolge der durchschnittliche Internetnutzer.
Information: Parteiprogramme
leicht gemacht
Nichts ist so grundlegend für die politische Meinungsbildung wie
die Kenntnis der Positionen der Parteien und ihrer Kandidaten - und nichts
ist so schwer zu vermitteln! Wahlkampfstrategen scheuen weder Geld noch
Mühe um ihr Botschaften dirket an den Mann/ die Frau zu bringen:
Über großformatige Werbeplakate, Wahlspots oder Briefwurfsendungen
versuchen sie, wenige Sekunden der wertvollen Aufmerksamkeit potentieller
Wähler zu erreichen - Push-Werbung nennen das die Marketing-Experten.
Das Internet nutzt dagegen die Wirkung von Pull-Werbung: Der Bürger
zieht sich die Informationen selbst vom Netz.
Es ist unmittelbar einsichtig, dass die Aufmerksamkeit bei dieser Art
von freiwilliger Informationsvermittlung wesentlich höher ist als
beim Anblick eines Kandidatenkonterfeis während der Busfahrt. Bis
zu 15 Minuten verweilt der Besucher auf der Homepage einer Partei! Die
Bandbreite an Dokumenten, die für jeden Internetauftritt inzwischen
zur Standardausstattung zählen, reicht von Parteiprogrammen über
Kandidatenbiographien bis hin zu spezifischen Positionen. In Printform
würde diese Informationsmenge jeden Wähler sofort abschrecken.
Online jedoch kann er sie sich mühelos per Mausklick erschließen.
Der besondere Reiz ist dabei die Aktualität. Um zu erfahren, was
die Opposition zum Interview des Kanzlers im Morgenmagazin zu sagen hat,
muss nicht mehr die Tagesschau oder gar die Zeitung des nächsten
Tages abgewartet werden - es steht auf der Homepage.
Interaktive Elemente: Wiederbelebung
demokratischer Kultur
In der griechischen Antike war die Diskussion politischer Themen auf dem
Forum das zentrale Element öffentlichen Lebens. In der modernen Massendemokratie
dominiert dagegen die sogenannte One-Way-Kommunikation - die einseitige
Vermittlung vom Politiker zum Bürger. Das Internet bricht diese Struktur
auf und öffnet die virtuellen Varianten der griechischen Marktplätze:
In den Diskussionsforen der Online-Parteizentralen finden sich Debatten
zur Gesundheitspolitik der Bundesregierung, zur Kandidatenaufstellung
der Opposition ebenso wie zu außenpolitischen Hintergrundthemen.
Es hat sich in den vergangenen Jahren eine wahre Kultur der sogennanten
"Politiker-Chats" entwickelt, bei denen die "Promis"
den Surfern unmittelbar Rede und Antwort stehen müssen. Die Parteien
erhalten dabei ein Feed-back, das sie schneller und direkter als jede
Umfrage über die Meinung der Bevölkerung informiert. Die Online-Beiträge
werden zum seismographischen Stimmungsbarometer der E-Nation.
Perpektiven
Die Besucherzahlen können sich sehen lassen: CDU und SPD verzeichnen
beispielsweise etwa 1 Millionen Seiten-Abrufe (Pageviews) im Monat, im
CDU-Diskussionsforum gehen täglich etwa 600 Wortmeldungen ein, das
SPD-Diskussions-Archiv verzeichnet rund 140.000 Beiträge von Januar
bis Dezember 2001. Dennoch müssen die politischen Entscheidungsträger
erkennen: Ein Klick mit der Maus ist noch lange keine Stimme auf dem Wahlzettel.
Was fehlt ist eine wirkliche Einbindung des Internets in den Entscheidungsprozeß.
Das Interesse des Bürgers am Internetauftritt wird nur dann dauerhaft
sein, wenn auch die Partei Interesse am Bürger zeigt. So könnten
Online-Diskussionen beispielsweise ausgewertet und als externer Beitrag
an die Funktionäre weitergleitet werden, statt ungehört im virtuellen
Raum zu verhallen.
Diverse Serviceleistungen, wie etwa themenspezifische Emailverteiler,
sind noch unausgeschöpft. Auch als internes Organisationstool gibt
das Internet noch einiges her. Die USA machen vor, wie die Vernetzung
eine übers Land verteilte Helfergruppe in ein schlagkräftiges
Wahlkampfteam verwandelt: Argumentationshilfen und Informationsmaterial
sind ständig aktualisiert online abrufbar, Wahlkampfmaterial kann
zu Hause heruntergeladen und ausgedruckt werden, in Nutzerforen tauschen
sich die Helfer aus und organisieren eigene Aktionen. Voraussetzung für
eine Wandlung von einer Politik im Internet zu einer Politik mit dem Internet
ist allerdings, daß Politiker und Parteifunktionäre von überholtem
Denken in Hierarchien und geschlossenen Entscheidungsprozessen Abschied
nehmen.
Originelle Online-Auftritte und ausreichende Internetanschlüsse für
den Parteiapparat reichen nicht aus. Es gilt, sich der Diskussion zu stellen,
neue Kooperationsformen zu wagen und die neuen Partizipationsmöglichkeiten
in der Massendemokratie konsequent zu nutzen. Das Internet wird auch 2002
nicht allein wahlentscheidend sein. Ohne Händeschütteln wird
bei diesen wie auch bei den nächsten Bundestagswahlen kein Kandidat
auskommen. Aber die Bedeutung des Internet als Medium politischer Kommunikation
nimmt beständig zu. Dabei werden nicht diejenigen im Vorteil sein,
die die flippigste Homepage, die meisten Bytes und die größte
Anzahl der Besucher haben, sondern diejenigen, die aus der Vernetzung
den größten Mehrwert für Bürger und Partei generieren.
Carolin Dieterich
|